Dans l’esprit de beaucoup, les hackers sont tous ceux qui utilisent les NTIC à des fins contraires à la loi. Ce n’est en réalité absolument pas la bonne définition. Le terme « hacker » ne se contente pas d’une définition unique. D’origine anglo-saxonne, il appartient désormais au langage courant. Le dictionnaire de la langue anglaise Collins Cobuild propose deux définitions :
a. Un hacker informatique est quelqu’un qui tente de s’introduire dans les systèmes informatiques, en particulier pour obtenir des renseignements secrets ou confidentiels qui y sont entreposés.
b. Un hacker informatique est quelqu’un qui utilise beaucoup l’ordinateur, notamment au point de n’avoir plus de temps pour quoi que ce soit d’autre.
Le terme hacker provient du verbe hack ; to hack, qui signifie la pénétration à l’intérieur d’un système informatique ou un ordinateur. Le hacker peut être considéré comme« une personne qui prend du plaisir à explorer en détail un système programmable et qui cherche sans cesse à étendre ses connaissances dans ce domaine». Selon le New Hacker’s Dictionary le terme hacking signifie : (a) toute personne qui s’intéresse à explorer les systèmes informatiques ; (b) un expert dans une langue particulière (C+, C++) ou dans un domaine des système d’exploitation ; (c) une personne fort dans les détails de la programmation ; (d) une personne qui s’intéresse au défi intellectuel ; et (e) une personne qui essai de découvrir les informations sensitives .Il revêt deux actes : passer le temps devant un système informatique ; et entrer à l’intérieur de ce système. Ce sens semble être celui retenu à l’origine dans les années 1960 au Massachussetts Institute of Technology, pour caractériser les hackers. A l’époque, ce terme désignait les programmeurs passionnés par leur travail.
Aussi le terme hacking est synonyme de piracy, donc de contrefaçon. Conférant ainsi au terme « pirate » deux notions principales : la première désignerait la personne entrant par effraction à l’intérieur d’un système informatique ,et la seconde désignerait le contrefacteur, lorsqu’il est utilisé au sens de « piracy ». Dans cette optique, le caractère polysémique du mot « piratage » semble se confirmer avec la définition du pirate que propose l’office québécois de la Langue Française (OLF). Ce dernier définit le pirate informatique comme « le criminel informatique qui exploite les failles dans une procédure d’accès pour casser un système informatique, qui viole l’intégrité de ce système en dérobant, altérant ou détruisant de l’information, ou qui copie frauduleusement des logiciels ».
Selon cette définition, nous pouvons distinguer trois formes de piratage informatique : (a) la pénétration des réseaux et systèmes informatiques ; (b) la copie frauduleuse des logiciels ; et (c) l’utilisations des programmes comme le cheval de Troie pour accéder aux systèmes informatiques. Le mot « piratage » ne figurant dans aucun texte de loi, la doctrine en a cependant précisé le sens juridique en le définissant comme « le fait de dupliquer un programme, qui, à la différence du vol, est beaucoup plus subtil dans la mesure où il suppose une certaine habileté technique, et ouvre au pirate la maîtrise de la création logicielle d’un tiers sans que pour autant, ce tiers soit nécessairement dépossédé de sa création, même si le piratage peut indubitablement lui faire perdre une large part des bénéfices qui peuvent être attachés à l’exploitation de celle-ci ».